La semaine dernière, dans le cadre de la 3ème « journée internationale du bonheur » proclamée par l’ONU (ne rigolez pas, l’ONU s’occupe de « ça » aussi), l’Institut français d’appreciative inquiry (IFAI) organisait avec KTI Dossot un colloque sur ce thème, alternant témoignages de professionnels, ateliers interactifs et tables rondes.
« IFAI » quoi? se demanderont certains. Cet Institut à l’origine de cette conférence développe depuis une dizaine d’années en France la notion de « psychologie positive« . L’idée générale consiste à s’appuyer sur les points forts d’un individu (mais aussi d’un service, d’un collectif, d’une entreprise tout entière…) afin de permettre à chacun de tirer bénéfice de ses propres ressources – au lieu, comme c’est (trop) souvent l’habitude en France, de se préoccuper uniquement de ce qui ne va pas pour essayer de trouver des solutions.

Présentée ainsi, la psychologie positive pourrait s’apparenter à une espèce de méthode Coué mâtinée de behaviourisme à la sauce américaine…. Et pourtant, ça marche! Pour avoir suivi en reportage Jean-Christophe Barralis, co-fondateur de l’IFAI, avec Nadia Karaboulkov dans une mission que j’avais racontée dans un article paru dans l’Express, je peux en témoigner: avec un peu de bonne volonté des participants – et beaucoup de professionnalisme des intervenants! –le simple fait de regarder « ce qui va bien » permet, plus souvent qu’on ne le pense, de dégager des valeurs communes et donc de bâtir un socle sur lequel on peut alors construire un « vivre et travailler ensemble ».

Je sais bien à quel point une telle approche est éloignée de la mentalité hexagonale. Pour preuve, cette remarque lancée par un participant durant le colloque de la semaine dernière: « En France, l’apprentissage par l’échec est systématiquement présenté (et vécu) comme une erreur. Aux Etats-Unis au contraire, une erreur ne constitue pas un drame, tant qu’il s’agit d’être créatif ». Je pensai alors à une réflexion que me faisait récemment de mon amie Marie Marvier, psychanalyste : « Chez nous, on dit qu’on prend un risque. Chez eux, on dit « to take a chance ». Tout est dit». Effectivement…

Source :
L’express
24 mars 2015 | par Vincent Olivier